Evidemment on aurait pu ne pas arriver a Tarimbang. L avion qui se prepare a redecoller alors qu on n en est pas encore descendus, la route pour le moins accidentee, quasi impraticable sur la fin, le bus dont l horaire change des que l on pose la question a quelqu un...Tant bien que mal, dans un 4x4 plutot correct mene de main de maitre par Kevin le Sumbanais, rassasie comme tous ses compatriotes, de Betel Nuts aussi euphorisantes que colorantes, de champignons douteux et de bicarbonate quelconque, nous arrivons bringuebalants dans la baie, splendide et sauvage, de Tarimbang.
La, un seul Homestay, chez Marthen's, 15 personnes au plus en pleine saison, quelques maisons de bambous et de paille, une flore junglesque et une faune omnipresente et inlassable. Nous dormons dans des bungalows en bambous pour six personnes, mangeons tous ensemble au milieu du terrain, nous lavons tous au meme endroit, dans une bicoque au fond du jardin. La vaisselle se fait en plein air, sur une table amenagee plutot sommairement a l aide de quelques bouts de bambous, en compagnie des cochons, des poules et des coqs, et des chiens. Pour moi qui adore les animaux, c est le comble du ravissement... Il s avere, plus ou moins, que ce peut etre un moyen therapeutique. La vie se fait au rythme des indonesiens qui travaillent la, et nous passons beaucoup de soiree a jouer aux cartes, chanter, parler avec eux. Nous faisons la connaissance d'Ani et de Yanus , les deux ados sourds muets drolissimes, Ambu, Petrus etc. De Paul, Simon, Stuart et Denis les australiens et Tom le neozelandais.
Tous les jours se ressemblent un peu, mais aucun ne nous ennuie. Balades entre les maisons au toit pointu sumbanais, sur la plage, ou au fond de la baie. Soleil qui se couche et pecheurs qui accostent sur la plage au petit matin. Les femmes et leurs enfants qui accourent pour leur acheter du poisson frais, les petits vieux qui s agglutinent au bord de l eau et lancent de grands cris quand je parviens, enfin, a me lever sur la planche de surf. Les rencontres se font tres vite. Mais ici, il est moins evident de se reposer sur l anglais. Alors on baragouine avec eux les quelques mots qu on sait manier a peu pres, on gesticule et on sourit. Certains refusent qu on les prenne en photos... Dans le village, nous sommes les seuls Bule (etrangers, prononcer Boulets), a nous promener, prendre des photos ou faire du surf. Quelquefois, un buffle ou un cochon s egare sur la plage et se met a brouter les brins d herbe qu il y trouve.
Le retour se fait en truck (camion-bus en bois), qui transporte denrees alimentaires, humaines ou animales sans plus de ceremonies. A notre bord, un buffle bien en chair, un gros cochon, des poules et des coqs. Sur des bancs de bois, nous cahutons jusqu a Waingapu, la capitale de l ile, rassures pour de bon, il faut bien le dire, seulement apres les bonnes grimpettes du debut du voyage. Les cinq heures se passent sans encombre, avec le sentiment qu on s en rappellera longtemps. Une petite douleur sur l arriere train nous aide quelque temps.
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